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Isabelle Dinckel - 06 75 06 04 25 - Gestalt psychothérapie - Ateliers créativité - Coaching

 

Cette publication pourra vous servir aussi bien pour traverser la crise sanitaire majeure actuelle, que pour traverser toute autre crise ou situation (personnelle, familiale, professionnelle, existentielle…).

Dans mon titre j’ai mis le terme « comment« .
En Gestalt on aime bien le « comment«  car c’est justement le « comment«  qui fait toute la différence. Quelle que soit la situation qu’on traverse, le comment on la traverse peut faire une énorme différence.

 

Dans une situation de crise, comme dans toute situation d’ailleurs, on a deux possibilités :

 

1- Se mettre dans un état d’esprit négatif :

C’est à dire :

– Imaginer le pire (= faire des anticipations négatives), faire monter les peurs, le stress et l’anxiété ;

– Se fermer, se durcir : ce sont des mécanismes de protection, de défense ;

– Subir, se positionner en tant que victime, se dire qu’on a pas le choix…
Si c’est ce que vous vivez actuellement, c’est OK, accueilliez le. Ce n’est pas toujours facile à identifier, alors si vous l’avez conscientisé, félicitez-vous !

Accueillez et demandez-vous : « Est-ce que cet état d’esprit m’aide dans la situation actuelle ? »

Je vous invite à prendre le temps de vraiment vous poser la question. Questionnez-vous vraiment. Est-ce que ça vous aide de vous mettre dans cet état ?

En général la réponse est « Non ».
Si la réponse est « Oui », c’est qu’il y a des choses à aller explorer de ce côté là 🙂

 

Pour info, le stress qui s’installe diminue l’immunité. Et à contrario, la sérénité et la détente favorisent l’immunité.
C’est physiologique : le fonctionnement de santé de l’humain est la détente. Le mécanisme du stress se déclenche en cas de danger, ou de sentiment de danger. Il peut vous sauvez la vie si vous devez fuir ou combattre. Quand il est déclenché, on est en mode physiologique de survie, et le corps n’opère plus les mécanismes de régénération, de digestion ou d’immunité.
Ainsi, face à une crise, en calmant ce sentiment de danger (tout en restant vigilant/e), en calmant les peurs, les colères et les angoisses, on diminue le stress et on permet au système nerveux parasympatique (celui qui permet la digestion, la régénération et l’immunité) de se remettre en route. (* source scientifique tout en bas)

 

2- Se mettre dans un état d’esprit positif :

ACCEPTEZ

Les événements actuels sont comme ils sont et vous ne pourrez pas les changer : il y a un virus, une pandémie et nous devons accepter le confinement pour optimiser la diminution voir la disparition du virus.

Le plus simple est d’accepter ce qui se passe, ce qui est là. Accepter que c’est la réalité.

Ce qui fait souffrir le plus parfois c’est quand on refuse, quand on lutte contre la réalité. Sauf qu’on ne fait pas le poids car la réalité est. POINT.

Si vous pensez « Je veux que ce soit autrement », « Je veux que ce virus n’existe pas », alors intérieurement vous dépensez beaucoup d’énergie pour quelque chose que vous ne pouvez pas changer. Vous investissez votre énergie dans une zone où vous n’avez aucun pouvoir. Alors que du pouvoir, vous en avez ailleurs, c’est justement ce qu’on va voir plus loin.
En même temps le refus, le déni, se comprend. C’est une protection. Des fois la réalité est tellement complexe à intégrer qu’on a besoin de se protéger. On n’arrive pas à l’intégrer (ou pas d’un coup), c’est ok. Juste regarder ça. Vous en êtes où face à la réalité ? Est-ce qu’il y a du déni ? Pas du tout de déni ? Encore un peu ? Prenez le temps de sentir ça en vous.

Prenez le temps pour cette phase d’acceptation. Elle est importante. Le temps dont vous avez besoin. Il n’y a pas de loi. C’est différent selon les personnes.

Lachez-prise ! Il y a des choses à lâcher. Par exemple, lâcher sur le cadre sanitaire inhabituel.

Oui actuellement, nous ne pouvons pas sortir comme avant. Oui actuellement nous ne pouvons plus voir nos proches, les embrasser, les prendre dans nos bras. Oui nous ne pouvons plus faire nos activités de groupe. Mais ça vous sert à quoi de vous tendre avec ça ?

Et peut- être que ça vous aidera d’entendre ça : dites vous que c’est temporaire, ça va passer, c’est ça la réalité.

 

DÉCIDEZ CE QUE VOUS VOULEZ EN FAIRE

En Gestalt, on sait pas expérience qu’on a TOUJOURS le choix, toujours un espace de choix. Ne serait-ce que dans la façon dont on vit les choses. C’est là notre pouvoir. Notre zone d’influence première.
Cette notion est essentielle car elle nous permet de quitter cette position de « victime qui subit sans rien pouvoir faire »…

En Gestalt on sait par expérience qu’on peut toujours faire de ce qui nous arrive, quelque chose de positif.

 

Être plus/ Faire autrement / Partager différemment

Actuellement, il y a des personnes qui ont plus de temps pour elles et qui en profitent pour faire des choses qu’elles n’ont pas le temps de faire habituellement.

Comme faire un grand tri chez soi, ce tri qui libère. Lire ce livre qui faisait des clins d’œil depuis si longtemps. Écouter ces musiques. Visionner la trilogie de telle œuvre en 3 jours (ou une journée !). Écrire. Méditer. Intégrer votre enchaînement (danse, Taï-chi…). Faire ces travaux dans la maison qui vont apporter du beau ou du confort. Passez plus de temps avec son conjoint, ses enfants ou autre proche présent. Il y a des personnes qui se sont confinés entre amis et qui ont du temps pour mieux se connaître. Partager du temps ensemble pour rire, danser, faire des jeux de société, cuisiner ensemble. Actuellement il y a des enfants qui sont tellement heureux de passer du temps avec leur parent qu’ils voient si peu habituellement !

Faire des choses plaisantes qui procurent de la joie et qui nous font nous sentir nourri/e. Ça nous met en contact avec ce qui est bon pour soi. C’est très important en général et en particulier dans les moments difficiles. Ça met du baume au cœur et à l’âme et ça nous aide à traverser.

Le lien aussi est essentiel. Ne restez pas isolé/e. C’est une façon de se fermer, ça n’aide pas. Vous n’êtes pas obligé d’être toujours en contact (et d’ailleurs ça peut être une belle expérience que de vivre un peu de retrait, surtout pour les personnes qui ont tendance à être toujours en contact). Mais au minimum, sentir les liens à l’intérieur de soi, sentir l’amour qu’on a pour les êtres qu’on aime et qui nous aiment, c’est très nourissant.

 

Prendre du recul sur votre première réaction face à la crise / Changer de posture

Si vous avez réussi à réaliser que vous avez eu un état d’esprit négatif, en réaction à cette crise, alors cette belle prise de conscience va vous servir pour toute votre vie !

Car si vous vivez ça ces jours-ci, c’est que vous l’avez déjà vécu dans le passé et que c’est probablement une tendance. Ce n’est pas toujours plaisant à entendre et peut-être ça vous contrarie. Mais c’est la réalité : les situations de crise ne font qu’amplifier nos fonctionnements, les bons comme les mauvais (« mauvais« , dans le sens : ça ne fait pas du bien).

Alors encore une fois… que décidez-vous d’en faire ? Ne pas le voir ? Ou accepter de regarder et justement sortir des mécanismes de défense habituels ?

C’est une aubaine de prendre conscience qu’on a tendance à faire des anticipations négatives et à se faire vivre du stress. Parce que clairement, ces anticipations négatives pourrissent la vie. Elles nous font vivre des peurs, du stress, de l’anxiété, des angoisses, de la colère, et tellement d’autres états qui nous font baisser en énergie. Alors que la plupart du temps ces anticipations imaginées ne se produisent même pas ! Lisez bien ceci : 95 % à 99 % de nos anticipations négatives n’arrivent JAMAIS ! Intéressant, n’est-ce pas ?

Imaginons un exemple. Imaginons que vous avez programmé un événement dans 3 semaines (ex : un entretien d’embauche, une rencontre, une conférence que vous allez donner…). Cet événement vous active émotionnellement, vous imaginez le pire, vous vivez du stress… Et ce alors que cet événement est dans 3 semaines et qu’il n’existe pas pour l’instant. Ça veut dire que pendant 3 semaines vous allez vous triturer l’esprit, ressentir la peur, vous créer des tensions, avoir mal au ventre ou à la tête ou ailleurs, ou faire de la tachycardie, ou avoir votre sommeil perturbé, ou toute autre manifestation émotiono-corporelle que vous avez l’habitude de vivre quand vous vivez du stress. Et tout ça pour quoi ? Pour rien ! Pour rien, et ce quelle que tournure que prenne cet événement. Car si ça se passe bien, ben clairement, ça n’aura servi à rien tout ce stress. Et même si vous êtes dans les 5 % où ça se passe mal, et bien vous vous serez puni/e avec les 3 semaines de maux supplémentaires ! Intéressant, là aussi 🙂
Donc à quoi ça sert d’anticiper négativement ? Posez-vous la question ! Les réponses sont toujours passionnantes ! Car il y a un intérêt inconscient à faire ça.

Plus vous éclairerez ce mécanisme et plus vous pourrez vous en libérer, et au minimum l’atténuer de plus en plus. Ce n’est pas rien. Ça change la vie !

C’est une aubaine de prendre conscience qu’on se comporte en victime. Oh oui, de le conscientiser ça râpe, ça heurte l’égo. Mais c’est tellement libérateur ! Parce que tant qu’on refuse de le voir, on continue à se comporter comme ça, à se plaindre souvent, à dire qu’on n’a pas le choix. Et donc on continue à subir.

Est-ce que vous avez envie de continuer à subir toute votre vie ?
Pourquoi pas. C’est un choix qui se respecte. Juste réfléchissez à ce que ça va vous faire vivre tout le reste de votre vie. Et ce que vous allez faire vivre aux autres, aussi !
Et pour les personnes qui ont un déclic et se disent « Oh ! C’est vrai je fonctionne comme ça ». Bravo ! Bravo de réussir à l’admettre. C’est juste ÉNORME ! Et c’est le début du changement et de la libération pour vous ! Car à partir du moment où on l’accepte, on peut décider de changer de posture.

On peut choisir la posture du créateur, de la créatrice. Celui / celle qui choisit, qui fait des choix justes et bon pour lui/elle. Celui qui, quand il/elle imagine, imagine du beau et du bon, pense aux personnes qu’il/elle aime, pense à ses projets d’avenir. Celui/celle qui peut s’ajuster en fonction des situations et en faire ce qu’il y a de mieux. Celui/celle qui donne à sa vie la forme qui lui convient. C’est vraiment pouvoir profiter de son plein potentiel.
Imaginez : qu’est-ce que cette posture de créateur / créatrice vous ferait vivre dans votre vie ?
Prenez le temps. Qu’est-ce que vous ressentez quand vous vous imaginez être dans cette posture ?

 

Décider des choses pour son futur / L’après crise

Une expérience de crise, quelle qu’elle soit, nous apprend toujours sur nous, nos fonctionnements, ce qu’on ne veux plus et ce qu’on veut. Pour peu qu’on prenne le temps de sentir, de s’interroger, d’intégrer. C’est très éclairant et enrichissant. Et ça nous donne des pistes pour la suite.

Cette intégration se vit après la crise, quand elle est passée et que vous avez bien commencé à digérer tout ça. Parfois il faut du temps, c’est normal.

Oui car cette crise, comme toutes les autres, va passer. Ce n’est pas la première crise que vous vivez, n’est-ce pas ? Donc vous avez déjà fait l’expérience, probablement plusieurs fois, que toute crise finit pas passer. Et qu’en fait nous en faisons que la traverser. Ça aussi c’est la réalité. Et de le savoir déjà peut participer à s’apaiser : ça va passer. Oui, ça aussi, ça va passer.

Donc elle va passer. Et après ?

Après,

Soit vous aurez choisi de rester dans un état négatif pendant la crise et donc vous aurez de la peine à en sortir : alors que la crise elle-même sera terminée, comme vous serez descendu/e bien bas psychiquement, énergétiquement, même une fois la crise terminée, il vous faudra du temps pour revenir à votre état initial. Autant dire que vous risquez de ramer.

Soit vous aurez choisi et fait l’expérience de l’état d’esprit positif, et là, vous aurez plus de facilité à retrouver votre élan, votre dynamisme, à reprendre vos activités, à repartir dans des projets (puisque vous aurez fait des anticipations positives). Et très probablement vous serez plus fort/e qu’avant ! Car vous aurez plus de clarté dans vox choix de vie, et vous aurez fait l’expérience de cette capacité à traverser une crise positivement, que oui c’est possible et vous y êtes arrivé/e ! Vous aurez découvert des ressources que vous ne soupçonniez pas chez vous, ou vous en aurez développées de nouvelles.

Oui, vous sortirez de cette crise plus fort/e. Et ça aussi c’est bon à entendre, n’est-ce pas ?

 

Et avant de clôturer cet article, je tiens à remercier de tout cœur tout ce qui participe à m’aider moi-même à traverser cette crise. Ainsi que tout ce qui me permet de soutenir solidement les personnes que j’accompagne en psychothérapie, tout ce qui me permet de les aider à traverser cette épreuve.
Je remercie en particulier mon école de Gestalt, son directeur et ses formateurs, pour ma formation en Gestalt thérapie, mes superviseurs, ainsi que ma thérapeute. Tous et toutes des personnes formidables, qui incarnent tellement les valeurs humanistes et la Gestalt, et qui m’ont inspirée pour cet article. Ainsi qu’une conférence donnée par le directeur de mon école ce jeudi soir et que je vais peut-être pouvoir vous partager bientôt, je vous tiens au courant si la conférence est re-proposée. Ce sera peut-être la semaine prochaine.

 

Je vous souhaite le meilleur.

Isabelle

Auteure :
Isabelle Dinckel
Gestalt Thérapie
Individuel et groupes

http://letempsdetresoi.com/
https://www.meetup.com/fr-FR/Le-temps-d-etre-soi/
https://www.facebook.com/letempsdetresoi

 

* Source scientifique :
http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/colloques/cr/Stressimmunite2/Rochette.html

 

Photo : Merci à Aaron Burden on Unsplash