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Informations et Rendez-vous : 06 75 06 04 25 - Isabelle Dinckel - Gestalt - stages
Pour tous les voyageurs

Pour tous les voyageurs

Les voyageurs sont partis sur les chemins rocailleux de la montagne
Avec, pour tout bagage, leurs vêtements et un sac à vider
Ils avaient, dans leur cœur, un parchemin blanc cassé
Pour les guider
Les cailloux ont abîmé leurs chaussures échancrées
Et ils ont fini à pied, sur le sol assoiffé
Les cailloux se sont souvent dérobés, longtemps ils ont marché
Le sac, lourd sur les épaules, le visage couvert de larmes de rage
Dans la montagne, les loups les ont attaqués, sans pitié
Ils avaient faim
Les voyageurs, effrayés, se sont cachés dans les grottes
Mais les grottes n’appartiennent à personne
Et les loups connaissent chaque recoin, les ont retrouvés
Ceux qui avaient peur ont pris les armes dans leurs sacs
Ils ont lutté, longtemps ils ont lutté
Pour rien car les loups n’abandonnent jamais, surtout quand ils ont faim
Alors les voyageurs, le parchemin dans la poche et le cœur sur la main,
Les ont apprivoisés
Ils leur ont donné ce qu’ils avaient oublié et que les loups leur ont rappelé
Les loups, rois de la montagne, ont mordu leurs sacs poussiéreux
Laissant s’échapper la poussière et les armes qui sont tombées
Une à une, tout au long du chemin
Les loups, rois de la montagne, les ont accompagnés et guidés
Les hommes les ont suivis, ils ont bien fait, ensemble ils ont chassé
Un matin, les loups se sont arrêtés et se sont transformés
En une jeune herbe duveteuse couverte de fleurs souples et d’arbres droits
Tous majestueux et pointant leurs sommets vers celui de la montagne
Les voyageurs ont caressé l’herbe qui est venue se coller sur leurs corps
De leurs dents affûtées, ils ont mordu la lanière de leurs sacs
Et de leurs yeux les ont brûlés
De joie, les hommes ont hurlé dans la montagne, avec la lune
Pour seul témoin
Des étoiles sont descendues et se sont glissées
Sous leurs pieds, léchant chaque plaie de leurs langues dorées
Elles ont caressé leurs cheveux, leur herbe duveteuse
Et les ont déposés sur un tapis d’argent
Le tapis s’est envolé, très haut il a dansé
Il a laissé, sur leurs visages ridés, la caresse du vent et la valeur des étoiles

 

Auteure : Isabelle Dinckel

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Mon corps, mon amour, ma bataille

Mon corps, mon amour, ma bataille

Tu sais,
Je n’ai pas fait exprès de te détester
ça s’est fait comme ça
De fil en aiguille
Je ne m’en suis pas rendue compte
J’étais une enfant
Je n’ai pas pu faire autrement
Je suis désolée
Tu peux me croire
Si j’avais pu
Je n’aurais pas laissé faire
J’aurais dit NON
J’aurais dit STOP
Mais j’étais une enfant
Je n’ai pas pu faire autrement
Sinon, j’aurais été éjectée du clan
C’était une question de survie
Alors j’ai dit oui
Tristesse
*
C’est tellement insidieux
La façon dont ça s’immisce
Toutes ces croyances
Toute cette haine
Du corps
De toi
J’ai tellement entendu
– Qu’il fallait être comme ci et comme ça
Pour être désirée, aimée
– Qu’il fallait manger ci ou ça
Pour être en bonne santé
– Qu’il fallait beaucoup travailler
Ne pas se poser, ne pas rêvasser
S’user jusqu’à l’os
– Se tenir bien droit
Ex cetera
Et surtout
Surtout
Ne pas se poser trop de questions
Ah ah !
*
Au secours ! Je n’arrive plus à respirer !
Ah ça ! Combien de fois tu as failli étouffer !
Je me souviens
J’ai cru mourir
*
J’ai appris à faire comme ça
A te malmener, ne pas t’écouter
A faire ce qu’il FALLAIT faire
A écouter les infos extérieures
Au lieu de sentir à l’intérieur
Que de peurs, que de douleurs !
J’ai voulu te contrôler
Je t’ai fait la guerre !
J’ai lutté contre toi
Contre la faim
Contre la satiété
Contre le repos
Contre mes élans
Contre ma nature
Et tout ça pour quoi ?
Pour répondre aux attentes des autres
Et ne surtout pas les déranger
Pour avoir une place
Dans ma famille, la société
Me sentir aimée
*
Oui, sauf que ça n’a pas fonctionné…
Pour moi, ça n’a pas fonctionné
Parce que jamais, jamais
A aucun moment
Je ne me suis sentie à ma place
En faisant comme ça
Et jamais, jamais
A aucun moment
Je ne me suis sentie
Profondément heureuse, épanouie
En accord avec moi-même
Bien dans moi
Bien dans toi,
Mon corps
*
Alors heureusement
De fil en aiguille
J’ai détricoté
Et re-tricoté un jour nouveau
ça a pris du temps
J’ai appris
Appris à t’aimer
A prendre soin de toi
A sentir
A t’écouter
A me sentir bien dans toi
J’apprends encore,
Mais c’est déjà bien !
Oui, ça nécessite des efforts, encore
Mais c’est déjà bien !
Et aujourd’hui
C’est différent
Je peux dire que je t’aime
Que tu es mon ami, ma maison, mon poème
Que je tiens à toi
Que je vise l’Unité
Avec toi
Toi et moi
Alliés, amis, unis
Pour la vie
Je souris

 

Auteure : Isabelle Dinckel

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Du soleil dans la grisaille, Zoé

Du soleil dans la grisaille, Zoé

Même au plus profond de la grisaille, il y a le soleil. Celui qui peut illuminer tout ce qui est.
Cette histoire, c’est celle de Zoé, je m’en vais vous la raconter.

Zoé vivait dans cette ville où tout était gris
Le jour, comme la nuit, tout était gris
Tout était grisaille
Tout était grisaille
Gris
Gris
Gris
Tout
Les murs, les murets, les portes, les fenêtres, la route, les voitures, les vélos, les badauds, les landaus, les poteaux…
Le béton, la ferraille, la grisaille
Le ciel, les nuages, l’entourage
Les vêtements, la peau, les visages
Mais ce n’était pas que ça
En fait, c’était plus important que ça
C’est sa vie à elle aussi
Qui était grise
Zoé

Elle se levait le matin
Oui
Mais pourquoi ?
Elle avait fait des études
Oui
Mais pourquoi ?
Après ses diplômes, elle est allée travailler
Oui
Mais pourquoi ?

Pour quoi ?
Pour manger, dormir, avoir un toit
Oui
Mais à part ça ???

Elle était là sur cette Terre
Oui
Mais pour quoi faire ?

Zoé se rendit compte à quel point sa vie était grise
Vide de sens
Pleine de cendre
La cendre de son oubli

Elle avait oublié son essentiel, son essence, son é-merveille, son âme, son soleil
Elle l’avait parqué/e dans un recoin d’elle-même
Là où, si elle voulait, elle ne l’entendrait plus jamais
Mais parfois
Son essentiel venait gratter à la porte
Une porte fermée
À trois doubles tours de clés
L’essentiel venait là et demandait :
« Ouvre-moi, ouvre-moi
S’il te plaît »
Parfois Zoé écoutait
Parfois Zoé entendait
Son âme qui se cassait les ongles, à force de gratter
Son âme qui pleurait
Son âme qui hurlait
De désespoir
Zoé ne supportait pas d’entendre cela
Alors elle repartait
Le plus loin possible de cet endroit plein de douleur
Un jour, elle dit à son âme
Ce qu’elle avait sur le cœur :
« Je suis désolée, j’ai peur
Je ne peux pas te laisser sortir
Qui sait ce qui va arriver ?
Qui sait ce que tu vas me faire faire ?
Ce que tu vas me demander ?
C’est dangereux !
Je ne peux pas !
Laisse-moi tranquille ! »
Alors son soleil lui répondit :
« Je comprends. Tu as peur.
Et si tu me laissais sortir, juste un petit peu ?
Pas tout entier/e, juste en partie
Juste ce que tu peux supporter
Pour l’instant
Et puis on peut voir ce que ça te fait vivre
Et si ça ne te convient pas, je reviendrai là, dans ce recoin.
Qu’est-ce que tu en dis ? »
Zoé n’avais jamais pensé à cela
Jamais elle n’avait imaginé
Qu’il était possible
De laisser sortir
Juste une partie de son é-merveille
Elle accepta :
« Juste une petite partie, hein ?
Tu as compris ?
Une toute petite petite partie ! »
Son essence promit
Elle ne sortit qu’une toute petite petite partie d’elle-même
C’était au moment où Zoé marchait sur le trottoir gris de la rue grise
Le long d’un mur gris
Et là,
À ce moment-ci,
Précis,
Zoé vit
Le long du mur gris
Sortant de l’interstice
Des fleurs couleur soleil
Des fleurs couleur é-merveille

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Zoé fut touchée au plus profond de son cœur
Par la beauté de ces petits soleils
Elle les remercia d’être là
Et d’embellir si bonnement ce petit bout de rue grise

À partir de ce jour-là,
Zoé remarqua les touches de couleurs et de lumière
Par-ci, par-là
Qu’il y avait dans sa ville
Et dans sa vie
Une petite fille avec une barrette rouge
Un collègue avec un crayon bleu
Une voisine avec la peau couleur sable doré
Un passant au sourire couleur bonheur gratuit

Zoé décida de laisser sortir son soleil
Un peu plus chaque jour
Puis encore un peu
Puis de plus en plus
Plus son essentiel prenait de la place
Plus Zoé voyait et sentait
Les couleurs et la beauté du monde
Plus elle trouvait le sourire
Plus ses yeux brillait
Plus elle se trouvait belle
Plus elle avait envie
De donner du sens à sa vie

Zoé se mit
Elle aussi
À apporter de la couleur et de la lumière
Dans sa vie et dans sa ville
À chaque fois qu’elle le pouvait
Elle offrait
Son sourire, sa joie, sa bonne humeur
Ses habits colorés
Une jolie pensée
Un bouquet des plus jolies fleurs
Qu’elle avait pu trouver
Un partage en grande sincérité

Aujourd’hui
Zoé a la peau couleur sable doré
Comme sa voisine Aimée
Toutes deux sont devenues amies
Et ont fait de leur quartier
Le quartier le plus lumineux et le plus coloré
De la ville
C’est un endroit très prisé
Aujourd’hui
Car c’est le quartier où les nuages
Arrivent le mieux à se dissiper
Et à laisser passer
Des rayons de soleil

On dit que bientôt
Le soleil passera complètement
Comme l’é-merveille de Zoé
Qui petit à petit
A pris sa place
Sa juste place
Sur son trône doré

Auteure du texte et de la photo des fleurs couleur soleil : Isabelle Dinckel

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L’histoire de celui qui se prenait pour autre chose que ce qu’il était

L’histoire de celui qui se prenait pour autre chose que ce qu’il était

Connaissez-vous l’histoire de celui qui se prenait pour autre chose que ce qu’il était ?
Il me l’a chuchotée à l’oreille ce matin et je m’en vais aujourd’hui partager son histoire avec vous. Voici ce qu’il m’a raconté :

« C’est drôle…
J’étais sur une branche d’arbre, pénard, comme tous les jours, à ma place habituelle
Quand tout à coup la branche est tombée
Et moi avec…
J’étais surpris et même choqué de tomber ainsi comme une pierre…
Ça m’a fait mal !
Je croyais que je pouvais voler, mais non…
Je croyais être un oiseau, ou quelque chose comme ça, libre, avec des belles plumes chatoyantes
Léger comme le vent
Celui que tout le monde admire, aime et convoite
Je voulais être cet oiseau, fin, noble, gracieux, léger, beau
Mais non…
J’avais un corps terrestre
J’étais coincé, cloué au sol…
Bien sûr, j’aurais pu remonter sur l’arbre, sur une autre branche
J’aurais pu réessayer de me faire croire que j’étais ceci ou cela
J’avais essayé maintes et maintes fois de croire ceci cela
J’étais maintes et maintes fois remonté sur l’arbre
Mais il arrivait toujours un moment où la branche cassait
Et où je me retrouvais nez à nez avec la Terre
Nez à nez avec l’implacable vérité
La vérité qui me disait que jamais je ne pourrais voler, avec ce corps, fait pour être lourd, dense, massif
Que je n’étais pas fait pour voler
Que j’étais fait pour être ancré à la Terre
Alors je me suis dit qu’il était temps
Après toutes ces chutes récurrentes
Il était temps d’accepter
Accepter ce qui est, qui je suis et ce pour quoi je suis fait
Et d’arrêter de m’abîmer, à force de tomber
Parce qu’à force, je ne ressemble plus à rien, même pas à moi-même, tout cabossé que je suis…
J’ai décidé d’arrêter la mascarade, d’accepter mon corps tel qu’il est, de le laisser vivre tel qu’il en a besoin et en-vie, et non plus tel que je veux qu’il soit, tel que ce qu’on attend de moi, ou tel que j’imagine qu’il doit être pour plaire aux autres
À partir du moment où j’ai décidé ça, mes racines ont commencé à pousser
Ça fait bizarre au début…
Mais finalement je m’y suis habitué et j’ai trouvé des sensations agréables, nourrissantes, là-dedans
J’ai laissé mes racines s’enfoncer profondément et solidement dans la Terre
J’ai laissé ma tige pousser ; elle s’est élevée vers le Ciel, avec ses belles feuilles tendres
Et puis, au fil du temps, la tige est devenue tronc, donnant des branches et d’autres feuilles
Un peu plus tard, des fleurs sont apparues et de magnifiques fruits ont commencé à s’offrir
Je me suis trouvé beau finalement
J’ai aimé qui j’étais
Je me suis senti digne et beau
Et plus tard encore, je suis devenu un très bel arbre généreux, offrant l’ombrage, le parfum et la beauté de mes fleurs, des fruits succulents et juteux
Et des branches solides pour accueillir les oiseaux
Les vrais et les faux
Et puis maintenant je sais
Comment j’ai fini par m’accepter tel que je suis
Je me rappelle
Il y avait cet arbre sur lequel je montais autrefois
Cet arbre, maintenant je le sais, cet arbre m’a chuchoté à l’oreille autrefois
Longtemps il a chuchoté
Jusqu’à ce que j’entende
Qui je suis
Il a été patient
Il a persévéré
Et moi aussi
Il a fait ça pour moi
Il m’a aidé à le faire
Je le remercie de tout mon cœur d’arbre
Et je suis heureux de contribuer, aujourd’hui, à ma façon
Je sais que si j’apporte autant aujourd’hui, c’est justement parce que je suis à ma place
Je n’aurais rien fait de bon en tant qu’oiseau
Parce que je n’en étais pas un
Aujourd’hui mon potentiel est déployé
Je m’en réjouis et je rayonne, dans ce jardin magnifique dont je fais partie »

Auteure : Isabelle Dinckel

arbre-fleuri

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Ce poème a été publié dans le magazine « Au nom du corps » du mois de mai 2016.

Ce magasine est issu du livre à succès « Au nom du corps », de Caroline Gauthier.

Pour ce mois de mai 2016, le magasine est consacré au thème de la transformation  🙂
Pour vous aider à faire un pas de plus vers votre véritable nature !

Bonne lecture !

COUVERTURE DU MAGASINE

Reconnexion avec mon enfant intérieur

Reconnexion avec mon enfant intérieur

J’ai plongé au fond du puits
Là où il fait sombre
Là où est mon ombre
Bien sûr j’avais ma lampe torche et mon courage
Et là j’ai vu
Dans ce puits sombre j’ai senti
Jusque dans mon corps
Toute la désolation
Tout le marasme
Mon côté sombre
La douleur
Les peurs
La culpabilité
Le jugement
Les croyances
Relents du passé
Et tout ce qui m’encombre
Tout ce qui m’entrave
Tout ce qui me fait prendre les chemins mauvais pour moi
Toxiques
Et surtout j’ai compris pourquoi
Pourquoi je fonctionnais comme ça
La protection
Le besoin d’amour
Et en même temps
J’ai entendu la douleur
de mon enfant intérieur
Je l’ai entendue, reconnue, accueillie, comprise
J’ai entendu ton appel, tu sais
Je suis là
Tu mérites mieux que de rester dans le fond de ce puits sombre
Je sais qu’il a été salvateur pour toi ce puits
Il t’a protégée de l’extérieur
Mais aujourd’hui
C’est différent
Je suis là pour toi
Je t’aime
Je vais te le dire et te le redire
Et je vais prendre soin de toi
Viens, prends ma main,
Je t’emmène dans la lumière
Tu vas voir, il fait bon dehors
Il y a du soleil
Il y a un beau jardin
On va s’en payer une bonne tranche !

Auteure : Isabelle Dinckel

enfant mère câlin

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J’ai laissé ma carapace au bord du chemin…

J’ai laissé ma carapace au bord du chemin…

Parfois, nous nous sentons contrarié/es, ou pas d’accord, et nous n’arrivons pas à le dire.
Parfois, nous nous sentons tristes, et nous n’arrivons pas à le dire.
Parfois, c’est la colère ou la rage qui ne s’expriment pas et restent coincées à l’intérieur de nous.
Ça peut être aussi la frustration, la peur ou la culpabilité qui restent non-dites.
Et parfois c’est la joie, l’amour, l’élan de vie, l’excitation, l’enthousiasme, nos désirs et aspirations profondes qui se terrent profondément.
Plus ou moins profondément en réalité, car ce qui est là est là et finit toujours par s’exprimer, d’une façon ou d’une autre. De façon sourde, ou au contraire, de façon agressive ou violente. Contre l’autre. Ou alors parfois, nous le retournons contre nous-même.
C’est terrible. Ça peut créer beaucoup de souffrances, de douleurs, de déchirements, de disputes.

Parfois, nous nous sentons englué/es, bloqué/es, coincé/es. Nous voudrions dire ou faire, mais c’est comme si nous étions attaché/e ou bailloné/e. Et nos réponses sont à mille lieux de ce que nous vivons vraiment.

C’est douloureux, et en même temps, c’est normal de sentir cela. Si nous sentons cela, c’est que nous sommes en contact avec notre carapace. Alors nous nous sentons étriqué/es. Et c’est plutôt bon signe. Ça veut dire qu’il y a un début de prise de conscience. Et la conscience est le début de la libération.


Comment nous construisons notre carapace

Qu’est-ce que cette carapace ?
On l’appelle aussi masque, voile, filtre, glu, prison… (Faux-Self en Gestalt).
C’est à la fois une protection et une prison.
C’est important de comprendre qu’avant d’être une prison, elle a été une protection. Qu’elle a été nécessaire à notre développement.
Mais alors qu’est-ce qui a bien pu se passer pour que nous choisissions, à un moment donné de notre vie, d’installer cette protection en nous ?
Les possibilités sont multiples. Voici des exemples de ce qui a pu se passer :

– Premier exemple :
L’enfant a un besoin vital : celui d’être aimé. Et il va tout faire pour vivre cette expérience de se sentir aimé. Et pour recevoir de l’amour, il va avoir tendance à répondre aux attentes de ses parents (ou adultes référents). L’enfant sent. Il est connecté à ses parents et il sent les attentes, conscientes ou inconscientes, que ces derniers projettent sur l’enfant. Même si ce n’est pas dit, même si c’est inconscient, l’enfant sent tout cela. Et il va avoir tendance à y répondre. Pour être aimé. Et même si ça ne lui correspond pas, il va coller aux attentes de ses parents. Il va donc s’habituer à se comporter différemment de ce qui lui correspond vraiment. Ainsi, si des parents veulent que leur enfant fasse des études supérieures, ils vont l’exprimer à l’enfant, même si c’est inconsciemment. Et ça peut commencer très tôt, avec la pression des résultats et de la réussite scolaire. Et l’enfant va capter cela. Et il y a de grandes probabilités qu’il réponde parfaitement à cette attente. Parfois, la confusion est telle que l’enfant peut avoir l’impression d’avoir fait le choix de son parcours et de ses études. Mais en fait, ce n’est pas forcément le cas. Si les attentes de ses parents correspondent à ce qu’il est, on peut imaginer que l’enfant pourra s’épanouir puisqu’il est dans sa voie. Mais si son cœur l’appelle pour écrire, peindre, sculpter ou faire des films, on comprend que son parcours scientifique peut être vécu comme une véritable torture. La réalité intérieure de cette personne est : « je me sens artiste peintre », et ce qu’elle montre à l’extérieur est : « je suis scientifique ». On voit le fossé et l’ampleur de la souffrance que vit cette personne.
Il peut également arriver que l’enfant n’arrive pas à être à la hauteur des attentes de ses parents. Il y aura là aussi un impact fort, au niveau de l’estime de soi, pour cet enfant qui portera la déception de ses parents.

Cette impression de « je suis aimé si je réponds au attentes de mes parents » peut être amplifiée toutes les fois où les parents se fâchent et que l’enfant imagine que ses parents l’aiment moins ou le rejettent. Bien sûr, il se peut que l’enfant vive bien les recadrages de ses parents. Surtout si ces recadrages sont justes, bienveillants et bien expliqués à l’enfant. Mais il se peut aussi, que l’enfant se sente moins aimé ou rejeté, même si ce n’est ni l’intention des parents, ni la réalité. Il se peut que l’enfant ancre cette confusion entre l’amour (qui est inconditionnel) et le désaccord (qui est conditionnel). S’il ancre cela, il fera tout pour éviter ces situations où il se sent moins aimé ou rejeté. Il se comportera donc davantage en bon petit garçon parfait ou gentille petite fille parfaite. Non pas par compréhension profonde du sens du recadrage, mais par peur d’être rejeté ou moins aimé. Bien sûr, tout cela risque d’être amplifié si les parents eux-même confondent amour inconditionnel et désaccord conditionnel et disent, à leur enfant, des phrases du type : « Je ne t’aime pas quand tu fais ça ! ». Ou si les parents sont violents physiquement ou dans les mots qu’ils utilisent. S’il y a dévalorisation ou humiliation.

– Autre exemple :
Exemple d’un enfant qui vit dans un environnement (en particulier sa famille) où les émotions ne sont pas accueillies, ou dévalorisées, voire interdites.
Émotions dites négatives, comme la peur, la colère ou la tristesse, etc. Ou positives, comme la joie, l’enthousiasme, l’élan, l’émoi, etc. Il y a des climats familiaux parfois comme ça, où on n’a pas le droit de s’amuser, de jouer, de rire, où tout est sérieux. Ou au contraire, des climats familiaux où on n’a pas le droit d’éprouver de la colère, de la peur, de la tristesse, ou du dégoût. Il n’y a pas de place pour ça. C’est rejeté, moqué, ou sévèrement puni. Et l’enfant fait parfois l’expérience du rejet de ses émotions, ou de la dévalorisation, ou de l’humiliation, ou de la honte, etc. alors, il va d’abord penser que les émotions sont quelque chose de négatif. Puis, à force de répétitions d’expériences où son environnement, rejette les émotions et le lui fait bien comprendre, il va finir par le croire et par adopter ce mode de fonctionnement. Il va se couper de ses émotions. Parce qu’à ce moment-là de sa vie, c’est ce qu’il a trouvé de plus ajusté pour continuer sur son chemin.

Dans ces climats, il y a des forts risques que l’enfant vive également la non-régulation de ses émotions. Il faut savoir que le cerveau d’un enfant n’est pas achevé et n’est pas paré pour réguler seul ses émotions. Et que c’est aux adultes de l’aider à les réguler. Si les émotions ne sont pas régulées, l’enfant risque fortement d’être dépassé par ses émotions. Et il restera débordé et envahi par elles. Ou alors, ce sera tellement insupportable qu’il finira par se couper d’elles. Il se coupera de la réalité de ce qu’il vit, de cette souffrance. Et se fera croire que « ce n’est rien » ou que « tout va bien »…Alors que ce n’est pas du tout le cas. Que c’est complètement faux. Mais c’est la meilleure stratégie qu’il trouve, à ce moment là de sa vie. Et il se fait croire que c’est vrai et que ses émotions vont disparaître.
Dans ces exemples, l’enfant répond aux attentes de ses parents, de son environnement. Il se montre comme ce qu’il croit être la personne parfaite. Même si cela n’a rien à voir avec ce qu’il est vraiment. Il fait cela pour recevoir de l’amour, se protéger (de la dévalorisation par exemple), et éviter de TROP souffrir.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que ces fonctionnements deviennent des mécanismes inconscients bien ancrés, des réflexes inconscients.
Quand nous ne sommes pas vraiment nous-même, nous sommes ce que les autres attendent de nous.

Bien sûr, tout le monde ne vit pas cela avec le même degré d’ancrage. Car nous ne vivons pas toutes et tous, telle ou telle situation, de la même façon. Notre intériorité vit les expériences de façon singulière. On comprend donc que les impacts sur nous varient et que les carapaces sont plus ou moins épaisses, plus ou moins ancrées.
Mais quelque soit l’épaisseur de notre carapace, elle a un impact sur nous, nos relations et notre vie.

mur ombre

Le poids de ma carapace

A- L’impact sur soi :
Ce qu’il est bon de savoir, c’est que la tenue de notre carapace ne se fait pas toute seule. Même si les mécanismes se mettent en route automatiquement, en même temps, ça ne se fait pas tout seul. Ça demande de l’énergie. Beaucoup d’énergie.
Comme nous l’avons vu plus haut, il y a un décalage entre ce que nous ressentons et ce que nous montrons à l’extérieur. Et ça a un coût énergétique de mettre tous ces mécanismes en route, pour éviter de montrer ce qui se passe réellement à l’intérieur de soi. C’est comme si on se cachait dans une armure du moyen-âge, très lourde et qu’il fallait tout faire normalement avec, et qu’en plus nous devons faire en sorte que personne ne s’aperçoive de rien… Voilà ce que ça nous coûte. C’est lourd. C’est un effort intérieur important, conséquent. Une véritable lutte intérieure. Ça crée des tensions. On se sent étriqué. On étouffe.
C’est une véritable lutte intérieure car notre véritable nature, ce que nous vivons réellement, est cachée, enfermée dans cette carapace. Nous montrons et faisons ce que les autres attendent de nous (ou ce que nous croyons que les autres attendent de nous), pour nous sentir aimé/e, et cachons la vérité de ce qui se passe en nous, car nous avons peur que cette vérité déplaise à l’autre, que l’autre nous rejette, qu’on nous aime moins ou qu’on nous dévalorise. Tout se fait au détriment de nos véritables besoins, de nos aspirations profondes, nos réels désirs.
C’est terrible et difficile quand on vit cela. Nous faisons tout pour recevoir de l’amour et de la reconnaissance, mais même quand les réponses de l’environnement sont positives, cela ne nous apporte pas de satisfaction.. Car ce que nous recevons ne correspond pas à nos véritables besoins. Un étudiant en sciences, qui au fond de lui se sent en réalité artiste peintre, ne sera pas réellement comblé de réussir ses examens. Il y a en lui un tel abysse entre cette réussite scientifique qui ne lui correspond pas, et son besoin vital de peindre qui est abandonné ou peu pratiqué. C’est peindre qui lui apporterait une véritable satisfaction, qui le nourrirait, lui apporterait le bonheur, la joie, l’épanouissement. La réussite scientifique, qui n’a pas de sens pour lui, a un goût bien fade à côté, amer, et peut même le dégoûter. Plus le décalage est grand entre la réalité intérieure et l’illusion que l’on donne à l’extérieur, plus la souffrance est grande. Plus il y a de frustration, de manque. Et cela peut entraîner beaucoup de tristesse, de colère, voire de la rage, de la dépression, des besoins de compensations, et donc des addictions et troubles du comportement.
De plus, il y a un risque supplémentaire : celui de la hausse de l’exigence envers soi-même. Étant donné que l’insatisfaction est forte, les moyens mis en actions pour obtenir de la satisfaction risquent d’être de plus en plus importants. Mais l’insatisfaction reste là, et c’est un véritable cercle vicieux qui s’installe.
Pour nous protéger, nous sommes souvent sur le qui-vive, voire sur la défensive. Cela peut nous amener à devenir agressif/ve.
Quand en plus de tout cela nous vivons des échecs, nous prenons un coup de massue supplémentaire. L’estime de soi en souffre. Parce que nous voulons la perfection et que nous sommes mis face à la réalité de notre imperfection. Cela peut être insupportable pour certaines personnes.

B- Des relations aux autres biaisées :
La plupart d’entre nous avons besoin d’être aimés inconditionnellement, tels que nous sommes, pour qui nous sommes vraiment.
Quand nous vivons avec notre carapace, nous sommes coupés de notre Être véritable, de qui nous sommes vraiment. Nous nous cachons. Ce que nous montrons aux autres n’est pas qui nous sommes vraiment. Nous montrons autre chose que notre véritable nature, et donc nous sommes aimés pour autre chose que ce que nous sommes vraiment. Les autres apprécient certaines de nos qualités ou réussites, alors que cela ne nous correspond pas. Cela peut nous amener à fréquenter des personnes avec qui nous n’avons pas réellement d’affinités. Des personnes très bien, mais avec qui nous n’avons pas vraiment de feeling, et avec qui nous avons du mal à partager tel que nous aimerions vraiment le faire.

Nous voulons être aimés pour qui nous sommes, mais nous sommes aimés pour autre chose
Nous rêvons de relations authentiques, mais nous nous protégeons dans notre forteresse, d’où rien de véritable ne peut sortir, ou pas grand-chose…
Il y a un mur, là, qui empêche le vrai contact, les échanges véritables, les échanges vivants, nourrissant, vivifiants.
Terrible, n’est-ce pas ?

Ainsi, nous voyons que la carapace nous protège, et en même temps, à quel prix ?

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Comment me libérer de ma prison ?

Nous pouvons nous libérer de notre prison/protection.
Oui, car c’est possible ! Et il est toujours temps !

La vérité, c’est que ce mécanisme de protection que nous avons mis en place dans notre enfance a été salvateur à cette période de notre vie. Il a été utile. C’était la réponse la plus juste que nous avons trouvé, avec les ressources que nous avions à ce moment de notre vie. Et en même temps, aujourd’hui ce mécanisme nous coûte et n’est plus utile, cas nos ressources et/ou notre environnement a changé.

La bonne nouvelle, c’est qu’on peut changer de mécanisme. On peut se libérer du vieux mécanisme et le remplacer par un mécanisme plus ajusté pour soi dans l’ici et maintenant.
Comment faire ?
Il y a plusieurs pistes. En voici quelques-unes :

A- S’aimer inconditionnellement. Ou du moins, comme ça prend du temps pour y parvenir complètement, disons : aller de plus en plus vers l’amour inconditionnel envers soi-même. Bien sûr, il y a un lien avec les autres. Si j’arrive à le faire pour moi, alors ça se fera naturellement avec les autres aussi, petit à petit.
S’aimer soi-même avec ses imperfections, ses limites, ses failles. Aïe Aïe aïe. Hé oui ! Même avec ses failles. Accepter ses failles. Oser les dire, sans trouver ça grave, et tout en continuant à se sentir digne. Se sentir digne avec ses failles. Elles ont leur raison d’être. Elles ne sont pas là par hasard. Elles ont des choses à dire, elles aussi. Et certaines sont peut-être là juste pour nous faire accéder à l’amour inconditionnel. Alors, oui, c’est normal d’être imparfait/e. Normal d’être imparfait/es dans nos comportements. C’est normal d’être imparfait/e physiquement. C’est normal de ne pas savoir certaines choses. C’est normal de ne pas savoir faire certaines choses. Ça fait du bien même de juste se dire cela, n’est-ce pas ? « Oui, j’ai le droit de ne pas savoir certaines choses », « Oui, c’est normal que mes comportements soient imparfaits », « Oui, je suis imparfait/e ». Je ne peux que vous inviter à vous dire ces choses là et à savourer ce que ça vous procure de vous le dire, avec votre cœur. Déjà rien que ça, ça peut être très libérateur. Ça peut vous emmener vers de nouveaux chemins. Ainsi, au lieu de continuer à faire semblant de savoir quelque chose, alors que vous ne savez pas, au lieu que cela vous emmène dans des situations dont il est difficile de se sortir par la suite, goûtez ce que ça fait de dire, tout simplement : « je ne sais pas », tout en vous sentant digne avec le fait de ne pas savoir. Ou encore, quand vous avez un comportement maladroit et que cela a blessé quelqu’un (une parole blessante par exemple), goûtez ce que ça fait d’aller vous excuser, de dire simplement : « j’ai eu tort ». Ah ! Pas simple parfois car l’égo se défend. Il craint la honte, le rejet, et toute réaction qui le fera se sentir encore plus nul, ou pas aimé. Mais si je fais cette démarche avec mon cœur, cela change tout. Si je vais parler à la personne que j’ai blessée et que je reconnais mes torts simplement, humainement, alors je vais probablement ressentir une grande libération et un bien-être profond. Parce qu’il se sera passé quelque chose de réparateur dans le lien avec cette personne. Et comme nous sommes des êtres relationnels, l’effet est immédiat dans ces cas-là. En réalité, c’est l’entêtement qui risque le plus d’attirer le rejet. Tendis qu’une personne qui sait reconnaître ses torts avec son cœur inspire confiance.
Je sais que ce n’est pas simple car nous sommes formatés à être parfait/es, sans failles, sans faiblesses. Pas le droit à l’erreur. Pas le droit de se tromper. Il faut être parfait/e. Sauf que c’est une illusion. Nous avons des failles, nous avons des faiblesses, nous avons des imperfections, et ça nous coûte cher, en énergie et en qualité de relation, de les cacher. Alors qu’en réalité, il est plus simple, ô combien plus simple de lâcher la perfection et de s’autoriser à être… un être humain, tout simplement.
À chaque fois que j’y parviens, à chaque fois que j’ose dire mes imperfections, je ressens une réelle libération. Et ce qui me fait du bien aussi, dans les situations où je me suis excusée, c’est de sentir à quel point c’est BON, car c’est juste aussi pour l’autre, et que ça lui fait du bien.
Ce qui est bon aussi en vivant ces expériences, c’est d’intégrer que l’amour n’a rien à voir avec le comportement. Je suis aimée, aimable et digne d’amour, quelque soit mon comportement. Et ça c’est essentiel. Cela aussi aide à accepter nos imperfections.
Il est vrai aussi qu’avec cette notion de se sentir digne avec ses imperfections, aide à entrer plus facilement en contact avec les autres. Car on a moins peur d’être moqué/e, dévalorisé/e ou humilié/e. Si je sais que j’ai cette faille, et que je me sens digne avec, je ne crains plus rien. Il y a bien sûr un lien direct entre cela et l’authenticité. Se sentir digne avec ses failles permet de se montrer tel/le qu’on est de façon détendue.
Et là, dans ces moments où j’arrive à déposer ma carapace sur le chemin, à déposer les armes, à me montrer vulnérable, avec mes failles, là, c’est là que je me sens libre et légère, si légère… que j’en arrive à rire des broutilles. Car ce qui me paraissait si grave me parait si petit, là, à cet endroit où j’ai déposé ma carapace. Comme je me sens bien, libre de ma carapace ! Tout est si simple.

B- Se voir, s’accepter dans son entièreté. Nous avons à la fois un corps et des sensations physiques, des émotions, des pensées et des croyances, et une partie plus subtile qu’on appelle parfois « Être profond/véritable ».
– Une personne qui a tendance à être beaucoup dans l’intellect et/ou dans l’action, dans le FAIRE (car c’est son refuge en réalité), va avoir tout intérêt à descendre plus régulièrement dans son cœur, dans son corps et dans son Être. Sortir un peu plus de sa tour d’ivoire et aller plus à la rencontre des autres, de cœur à cœur, d’Être à Être. Cela change tout au niveau des relations. On est vraiment en lien, avec soi, avec son inspiration/intuition, avec les autres, et donc on se sent moins isolé/e, plus aimé/e, plus entendu/e et compris/e, plus respecté/e. Et cela amène encore plus de confiance en soi, en les autres et en la vie. C’est un cercle vertueux.
– De même il est salvateur de redonner leur place aux émotions. Cela vaut vraiment le coup de leur ouvrir la porte et d’aller explorer cet espace plein de richesses et de réponses vitales.
– Il y a également le monde de nos besoins véritables et de nos désirs profonds. De quoi j’ai besoin là maintenant ? Qu’est-ce que je veux vraiment faire là maintenant ? Et dans ma vie ? Il est essentiel de prendre du temps pour soi, d’avoir conscience de ce dont on a vraiment besoin et de ce qu’on désire vraiment. Personne ne le fera à notre place. C’est à nous de nous offrir ça.
– Enfin, repérer nos croyances limitatives est très important aussi. Parce que parfois, on a vraiment le désir profond d’accomplir telle chose, mais ça ne se fait pas. Il y a un blocage. Les blocages sont souvent liés à nos croyances limitatives. Elles sont parfois très inconscientes. Ainsi, si une partie de moi croit que je suis nul/le, alors ça va être difficile de réussir mon projet, de ne pas le saboter, de ne pas me mettre des battons dans les roues, inconsciemment. Alors que si j’en prends conscience, je vais pouvoir m’en libérer et transformer cette croyance.

femme chrysalide grande

C- Si tout cela nous donne envie d’évoluer, c’est super. Et en même temps, rappelons-nous qu’il est bon d’avancer à notre rythme. Nous n’allons pas tout de suite devenir tout à coup profondément confiant/e en nous, en les autres et en la vie. Ce serait encore se mettre la pression et vouloir une autre forme de perfection, là tout de suite. Il est plus doux de lâcher ça, et d’accepter que les choses prennent du temps. Et que de toute façon, rien que d’avoir l’intention d’évoluer procure déjà du bien-être.
La confiance (en soi, les autres, la vie) se construit. Là encore il s’agit d’accepter. Accepter notre rythme. Nous sommes dans un monde où l’intégration prend du temps. De même que la graine a besoin de temps pour donner une fleur, une plante, ou un arbre, nous avons besoin de temps pour nous sentir confiant/e. Et là aussi c’est normal. Ce n’est pas une imperfection, c’est une loi de la nature. Alors autant en faire son alliée et surfer sur la vague de la lenteur.
Depuis plusieurs années, j’ai une phrase qui m’accompagne, m’encourage, me rassure et me porte : « Patience et persévérance ». Voilà comment je suis arrivée là où j’en suis aujourd’hui : avec de la patience et de la persévérance. Trouver ce juste milieu entre avancer toujours et accepter mon rythme. Et bien je peux vous témoigner qu’on en parcourt du chemin de cette façon là !

Voilà des pistes passionnantes, n’est-ce pas ?

S’aimer telle qu’on est, se sentir digne avec ses imperfections, se connecter à son corps, à son cœur, à son Être véritable, explorer ses émotions, ses pensées, et ses croyances.

Et garder le cap : libération et authenticité. Aller vers ça, de plus en plus, avec nos bonnes amies : Patience et Persévérance.

Et parfois, sur notre chemin, nous sentons que nous n’arrivons pas à avancer seul/e, nous avons l’impression de tourner en rond. Alors, dans ces moments-là il peut être bon de se faire aider, d’accepter de se faire accompagner par une personne qui nous comprend et qui nous aide à nous comprendre, à y voir clair et à transformer ce qu’il y y a à transformer. Et je peux vous dire que la Gestalt, pour ça, c’est très efficace !

Je vous souhaite d’abandonner votre carapace aussi souvent que cela vous est possible de le faire.
Je vous souhaite une belle route, pleine de belles et délicieuses aventures !

Auteure du texte : Isabelle Dinckel

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